Comment assurer un codage fiable sur les emballages plastiques souples ?

Les emballages plastiques souples (films, flowpacks, sachets, opercules) sont partout : snacks, produits frais, fruits & légumes, plats préparés, hygiène… Ils sont aussi au cœur d’une transition : réduction de matière, structures mono-matériau mieux recyclables, films plus fins et parfois plus “techniques”.

Pour les industriels, cela crée un vrai défi : garantir un marquage et codage (date, lot, code 2D, traçabilité) lisible et durable, sans ralentir la ligne ni augmenter les rebuts.

En Europe, la trajectoire est claire : réduire le volume de déchets d’emballages et améliorer la recyclabilité. La Commission européenne indique que le PPWR (Packaging and Packaging Waste Regulation) est entré en vigueur le 11 février 2025 et s’applique 18 mois plus tard.
En parallèle, les chiffres montrent que les déchets d’emballages ont fortement augmenté sur la décennie, avec un pic récent dans l’UE (ex. hausse marquée en 2021).

Les films souples modernes utilisent souvent du PE et du PP, y compris des structures mono-matériau. Or ces plastiques ont une faible énergie de surface, ce qui peut compliquer l’adhérence de l’encre (codes qui frottent, bavent, s’effacent). Linx le souligne explicitement dans ses recommandations sur la traçabilité des plastiques.

Structures des emballages plastiques
  1. Adhérence insuffisante (PE/PP/OPP/BOPP) → code qui part au frottement
  2. Séchage trop lent à la cadence réelle → bavure / transfert sur convoyeur
  3. Condensation (froid, produits réfrigérés) → dilution / mauvaise tenue
  4. Surfaces “complexes” (laminés, vernis, traitements) → rendu variable
  5. Erreurs de message (mauvais lot/date) → rebut, reprise, risque qualité

Le bon choix ne se fait donc pas “au catalogue”. Il se fait sur votre film, à votre vitesse, dans vos conditions.

Le CIJ est très utilisé en emballage primaire car il s’intègre facilement sur ligne, imprime rapidement et s’adapte à beaucoup de formats. Des acteurs comme Domino rappellent aussi l’intérêt du CIJ en flexibilité et rétrofit sur lignes existantes.

Sur film PE/PP, le point décisif n’est pas “l’imprimante” : c’est l’encre. Linx insiste sur l’usage d’encres formulées pour plastiques à faible énergie de surface (PE, PP, laminés), avec propriétés de séchage rapide et résistance à l’abrasion.

👉 Pour renforcer la tenue sur films, Linx a aussi lancé des encres “strong adhesion” dédiées au film plastique.

Quand privilégier CIJ :

  • vous codez sur plusieurs références et formats,
  • votre code est principalement : date/lot/texte/codes simples,
  • vous voulez une solution rapide, flexible, facile à intégrer.

Si votre priorité est une impression très nette (souvent pour film souple), le TTO est une option très solide : il imprime via ruban (sans problématique d’adhérence “encre sur PE/PP” au même niveau), avec un rendu souvent excellent sur films.
(Et dans la pratique, beaucoup d’ateliers combinent CIJ + TTO selon les lignes et les packs.)

Quand privilégier TTO :

  • vous imprimez surtout sur flowpacks/sachets,
  • vous voulez une haute qualité visuelle et une bonne tenue,
  • vous avez des zones d’impression régulières et contrôlées.

Sur les films mono-matériau fins, certaines entreprises se tournent vers le laser UV, souvent présenté comme plus adapté à des matériaux sensibles grâce à un marquage “à froid” (réduction de contrainte thermique). Linx positionne clairement l’UVG5 pour le marquage permanent sur films flexibles et plastiques (HDPE, LDPE, PP).
Domino tient un discours similaire sur les UV lasers pour les polymères mono-matériau recyclables (thin films).

Quand privilégier laser UV :

  • vous avez des monofilms “nouvelle génération” difficiles à coder proprement,
  • vous visez une logique “moins de consommables”,
  • vous voulez des codes 2D très lisibles et durables (selon substrat).

Voici la méthode que les meilleurs ateliers appliquent (simple et efficace) :

  • film exact (PE/PP/OPP/BOPP, laminé, verni, recyclé…)
  • cadence + distance tête-produit
  • conditions : froid/condensation, poussière, frottements, empilage

Videojet rappelle aussi l’importance des tests d’échantillons et de la compatibilité liée à la porosité/énergie de surface, notamment avec les mono-matériaux.

  • test frottement (abrasion)
  • test transfert (contact film contre film)
  • test après transport / stockage (24–48h)
Adhérence des encres sur plastiques

Sans faire de juridique, vous pouvez adopter un réflexe simple : exiger de la documentation et vérifier les politiques sectorielles reconnues.

  • EuPIA publie une Exclusion Policy et des lignes directrices pour les encres appliquées sur emballages, avec approche “hazard-based” et éléments de gestion du risque.
  • EuPIA a aussi publié une position sur l’usage du terme “low migration” (à manier avec prudence).

👉 Concrètement : demandez fiches techniques, SDS, et confirmation de l’adéquation à votre usage (type d’emballage, côté imprimé, etc.). Et si vous avez des exigences internes (ex. substances à exclure), faites-les valider par écrit.

  • Mon film est identifié précisément (matière + traitement + vernis/laminé)
  • La techno est cohérente : CIJ / TTO / laser UV selon mon besoin
  • L’encre (ou ruban) est validée sur mon substrat
  • Séchage OK à ma vitesse (pas en laboratoire uniquement)
  • Tenue validée : frottement + transfert + stockage
  • Plan anti-erreur message (procédure / validation / supervision si besoin)

Les emballages plastiques souples évoluent (films plus fins, mono-matériau), et le marquage/codage doit évoluer avec eux. Pour réussir, il faut raisonner “application réelle” : substrat + cadence + environnement + tenue, puis choisir la meilleure combinaison :

  • CIJ + encre forte adhérence pour la polyvalence,
  • TTO pour une qualité premium sur film,
  • laser UV pour certains monofilms et plastiques complexes, avec logique durable.